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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 28 mars 2020
Méditation du 28 mars 2020
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Méditation du 28 mars 2020

(Jean 7, 40-53)

            Récit en trois points et page révélatrice de ce que l’on a pensé de Jésus, à un moment où Il révèle son identité ; on a pris Jésus pour « le prophète annoncé», le Christ (Messie), et, à cause de l’origine incertaine (Nazareth ? Bethléem ?), « la foule se divisa à cause de lui ».Il s’attire les inimitiés des chefs, mais un pharisien, Nicodème, qui était venu le trouver « de nuit » (Jean 3, 2), prend sa défense. Grande est l’envie de L’arrêter chez les responsables.

            Quelle est cette « garde » qui avait pour mission de L’arrêter ? Les Romains avaient empêché Israël d’avoir une armée, mais avaient toléré un « service d’ordre » du Temple, une sorte de « police intérieure ». Les gardes n’ont pas arrêté Jésus parce que, disent-ils, « Jamais homme n’a parlé de la sorte ». L’évangéliste Marc avait noté avec quelle « autorité » Jésus parlait (1, 22). Les gardes ont tellement admiré le prestige de Jésus qu’ils n’ont pas pu mettre la main sur Lui. Et c’est sans doute les mêmes « gardes » qui « reculèrent et tombèrent à terre » lors de l’arrestation au jardin des Oliviers.(Jean 18, 6)

            La réplique des pharisiens confirme à quel point ils admettent l’opinion et les décisions de leurs chefs: ils se prennent pour le « droit » et l’autorité morale et spirituelle, la référence, en un mot. La phrase qui suit en dit long sur le mépris dans lequel on tient le peuple ignorant. Voit-on que c’est un reproche qui leur sera adressé par Jésus quand Il dira qu’Il a pitié de cette foule sans bergers ? (Matthieu 9, 36)

            Jean nous parle trois fois de Nicodème : 3, 1-10. 7, 50- 52. 19, 39-40. Cela suppose qu’il avait estimé le dialogue avec Jésus et avait reconnu en lui un « Maître ». La réaction à sa demande suppose une critique de la région de Galilée, qui n’a pas donné de prophètes. Et le pharisien Nicodème n’a pas dû signaler à ses pairs la rencontre précédente ; c’est sans doute pour des raisons de discrétion qu’il était venu « de nuit ». Sa réaction met dans l’embarras, puisque chacun se retire, apparemment pour éviter de s’enfermer dans une impasse, celle qui est prévue par la Loi. On ne peut condamner un homme qu’après l’avoir entendu et en présence de deux ou trois témoins. 

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