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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 16 février 2019

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Méditation du 16 février 2019

(Marc 8, 1-10)

            Plus le pain et la parole sont partagés, plus de personnes sont heureuses. Ainsi le bonheur s’amplifie quand il est diffusé, partagé. Ce bonheur, Saint Ambroise l’a éprouvé et fait connaître sous une forme presque poétique qui en multiplie le charme :

    « Ce pain que rompt Jésus, c'est le mystère de la parole de Dieu :

                        lorsqu'elle est distribuée, elle augmente.

            À partir de quelques paroles seulement,

                        Jésus a fourni à tous les peuples un aliment surabondant.

            Il nous a donné ses discours comme des pains,

                        et tandis que nous les goûtons, ils se multiplient encore dans notre bouche...

            Alors que les foules mangent,

                        les morceaux augmentent encore,

                        en se multipliant,

             si bien que les restes, à la fin,

                        sont encore plus abondants que les quelques pains partagés.

                                                                       (Commentaire sur l’Evangile de Luc, VI)


            Heureux donc qui voit, avec Jésus, le sens profond de la Parole qu’il cite Lui-même du Deutéronome 8, 3 (dans Matthieu 4, 4): « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. » Combien de pains ont été nécessaires pour nourrir la foule ? Nous ne le savons pas, ni ne le saurons jamais. Mais le commentaire d’Ambroise sur les « sept pains » et les « sept corbeilles » de morceaux qui restent à la fin du repas désignent le « supplément », eucharistique celui-là, jusqu’à la fin des temps…selon la vue de Jean 6, 26-66. Notre curiosité sur le détail de la « multiplication des pains » est complètement dépassée par ce regard « mystique ».

            Tout « s’explique » par le cœur de Jésus qui dit : «  J’ai de la compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. » On le sait : c’est le même mot que celui du père qui voit revenir son fils prodigue (Luc 15, 20) ou celui de Jésus devant les foules sans berger, Matthieu 9, 36. Les évangélistes ont souligné cette « compassion » de Jésus aussi devant le convoi funèbre du fils de la veuve de Naïm (Luc 7, 11-17). Jésus a donc éprouvé un sentiment de compassion, comme tout homme, devant la souffrance des hommes. Et Il a mis son pouvoir au service des petits, des faibles et des malades, de tous ceux qui Lui crient leur détresse.

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