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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 11 février 2020

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Méditation du 11 février 2020

(Marc 7, 1-13)

            « La controverse sur le pur et l’impur constitue le pivot entre la multiplication des pains comme symbole du don de la manne eschatologique à Israël et la multiplication des pains comme symbole du don de cette nourriture eschatologique à tous, même aux nations païennes », explique Elian Cuvillier, dans l’Evangile de Marc (Bayard 2002).

            Pourquoi Marc a- t-il jugé bon de parler des coutumes religieuses juives à propos des repas ? Certes le monde païen ne les connaît pas, mais Marc en souligne tellement le formalisme qu’on peut croire que c’est pour lui l’expression d’une hypocrisie. Pour le lecteur de Matthieu 23, il n’y a pas de jugement plus sévère que ces deux pages contre les attitudes réduites à des rites extérieurs dans la vie ordinaire. 

            Qu’est-ce que la « tradition des anciens »  dont se réclament ces « pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem ? » Jésus oppose une voix qui venait du fond de l’homme (de Dieu !) et qui établissait une relation entre membres de la famille humaine et l’usage qu’on fait maintenant qui sépare une génération de l’autre : les adultes se disent dispensés de subvenir à leurs parents âgés parce qu’ils ont voué (corbane) leurs biens au Temple. La religion est instrumentalisée pour son confort personnel ; ce qui est un aspect tout superficiel, comme le lavage des mains ou des plats, alors que le cœur ne cherche pas la pureté envers Dieu. Jésus s’en prend à cette « réduction », à l’aspect superficiel…La citation d’Isaïe (29, 13) reprend ce que le prophète dénonçait déjà en son temps. La « tradition des Anciens » étouffait « l’esprit » de la Loi. « Vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez ». On a, à la longue, substitué une pratique extérieure et superficielle à l’obéissance du cœur qui voyait la sagesse de Dieu dans sa Loi.

            La conclusion généralise l’attitude des pharisiens ; le formalisme tient lieu de véritable relation entre Dieu et chacun des croyants. La pratique « formelle » aboutit à un athéisme : Dieu n’est plus Celui qu’on recherche  de tout son cœur ; et cette coutume étouffe la vraie foi. Une telle attitude menace toujours le croyant, celui, du moins pour qui l’esprit ronronne, et qui ne crie plus : « O Seigneur, envoie TON ESPRIT ! »

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