Paroisse Notre-Dame-de-la-Plaine - Luçon
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Homélie dominicale
Homélie du 11 novembre par l'abbé A-M. Robineau

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Homélie du 11 novembre par l'abbé A-M. Robineau

Homélie du
11 Novembre 2019 St Martin de Tours – Messe pour la paix Luçon 

Chers frères et sœurs bien-aimés de Jésus Christ,  
M. le maire, chers élus, chers anciens combattants, chers amis,  

Aujourd’hui n’est pas une fête ni un jour de deuil. Mais c’est une commémoration ! Nous faisons mémoire des soldats morts pour la France notamment pendant la Grande Guerre, celle de 14.  
Faire mémoire, se souvenir de nos pères morts pour la Patrie : voilà une action aujourd’hui trop peu reconnue voire même décriée, moquée, incomprise ! Et pourtant vitale et essentielle !  

Qu’est-ce qu’aimer la Patrie, si ce n’est, textuellement, aimer ce lieu où ont vécu nos pères, aimer cet héritage transmis, avoir de la reconnaissance pour tous les sacrifices éprouvés, endurés, subis pour leurs enfants, pour les générations futures, en vue de transmettre des valeurs, transmettre un héritage.  
Plus que jamais nous vivons une époque tentée par la rupture, par le refus de l’héritage reçu, par le déni de la mémoire, de l’histoire. On croit se faire tout seul aujourd’hui et maintenant sans les autres, sans ceux qui nous ont précédés, sans Dieu ! Repartir de zéro ; faire table rase ! Et par là refuser la Patrie qui vient du mot Père et refuser la Nation qui vient du mot Mère ! Ce qui nous a donné notre culture, notre langue, nos repères, le fait de vivre ensemble, en société, ce que nous sommes…notre civilisation, nos racines.  
Refuser ses racines : c’est refuser son histoire et sa mémoire ; c’est refuser d’être ce que l’on est ! Et c’est préparer les charniers de demain et déjà la violence d’aujourd’hui qui est à notre porte !  

Aujourd’hui, nous voulons nous souvenir, faire mémoire du sacrifice de nos pères et accueillir avec fierté et reconnaissance leur dévouement !  
C’est un « merci », un « merci » rempli de gravité, ne niant pas les horreurs que furent cette guerre comme toute guerre, mesurant le poids du péché et du mal dans le cœur de chaque homme et dans toute société. Un « merci » d’avoir offert leur vie en sacrifice pour construire la paix et la liberté malgré cette guerre qui fut une quasi guerre civile entre nations chrétiennes européennes : une boucherie et une forme de suicide collectif dont on paie aujourd’hui encore les conséquences par cette société névrosée, perdue, désespérée et sans transcendance. Et je crois que beaucoup de nos problèmes d’aujourd’hui viennent de cette tragédie d’hier.  
Mais nous n’avons pas à juger. Nous avons à faire mémoire et à nous souvenir de ceux qui sont tombés.  

Comme une forme de coïncidence, cet armistice est tombé le jour de la St Martin de Tours. Ce saint qui fut le grand saint de la France médiévale où les Rois allaient prier avant de partir en guerre ! Pour moi, ce n’est pas un hasard ! Il n’y a pas de hasard (ou pas toujours…) le hasard c’est Dieu qui se balade incognito, comme on dit…  
Ce saint qui fut soldat de l’empereur romain avant de choisir de devenir le soldat du Christ et de combattre avec d’autres armes pour annoncer la Bonne Nouvelle et faire grandir l’Eglise et la paix de Dieu.  
St Martin savait bien que la paix elle se gagne ! Il n’était ni pacifiste ni iréniste faisant de la paix une idéologie et une illusion paralysante ! Mais la paix elle s’acquiert en suivant le Christ et en se donnant au Christ de manière totale !  
Quand le Christ invite à la non-violence et à tendre la joue gauche après avoir été frappée sur la joue droite, cet appel est pour soi-même mais il ne peut être imposé à l’autre. Cet appel implique l’amour et la liberté dans un choix personnel, suite à une rencontre intime avec le Christ, à une conversion comme celle de St Martin…  
Un père de famille est appelé à recevoir cet appel pour lui-même mais, en revanche, pour ses enfants, pour sa famille, pour les personnes fragiles, âgées, malades, handicapées, il a le devoir de les défendre et de les protéger en se battant jusqu’à donner sa vie !  

La paix elle se cultive, se gagne, se construit en renonçant à soi-même, en se donnant  et surtout en suivant le Christ !  
St Martin est un bel exemple d’homme qui a rencontré le Christ et dont la vie en a été bouleversée ! Sous les traits d’un pauvre à Amiens, il a reconnu le visage du Christ ! (histoire du manteau coupé en 2 parties : sa propriété et celle de l’empire)  
Nous sommes nous aussi invités à voir les signes de la présence de Dieu autour de nous, dans notre vie ! Et donc à voir avec les yeux de la foi, de cette foi qui sauve. Le Christ le dit souvent dans l’évangile : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé ! »  
Malgré nos doutes, nos peurs et nos questions bien légitimes, avons-nous cette foi enracinée qui peut déraciner des arbres, c’est-à-dire, cette foi dans le Christ Jésus capable de changer les regards et les cœurs pour faire grandir la paix dans notre vie, autour de nous et dans le monde ?  

« Seigneur, augmente en nous la foi » ! Ne soyons pas des occasions de chutes pour les petits et pour les autres ! Soyons exemplaires et offrons nos vies par amour comme le Christ, comme St Martin car c’est ça qui change le monde ! C’est ça qui est source de paix véritable !  

Dans l’eucharistie de ce jour, disons merci à Dieu pour nos Pères, pour leur vie, pour leur mort ! Confions-lui tous ceux qui nous ont précédés afin que par l’offrande de nos vies aujourd’hui sur l’autel nous puissions être en communion avec eux et avec toute l’Eglise. En faisant mémoire du sacrifice du Christ par amour pour nous, faisons aussi mémoire du sacrifice de nos pères. Que le Seigneur les accueille dans sa demeure. Que le Seigneur nous donne SA paix.  
St Martin de Tours, priez pour nous.  
Amen.  

Abbé Alexandre-Marie ROBINEAU + 
 

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