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Père Christian Daleau : « Mère Teresa, un bel exemple au service des plus pauvres »
Père Christian Daleau et Mère Teresa © Diocèse

Père Christian Daleau : « Mère Teresa, un bel exemple au service des plus pauvres »

Père Daleau © a

Découvrez le témoignage du Père Daleau qui a été pendant de nombreuses années le référent de Mère Teresa en France...

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Egalement lu dans Ouest-France :

Philippe ECALLE. le 

Le père Daleau, aujourd'hui âgé de 81 ans, a été un proche de Mère Teresa. Il l'a rencontrée à la fin des années 70. Une rencontre qui a bouleversé son engagement spirituel.

Portrait :

Dimanche dernier, sur la place Saint-Pierre, à Rome, jour de la canonisation de Mère Teresa, il n'a pas pu retenir ses larmes. Trop d'émotions. Peut-être s'est-il souvenu de ce jour de fin septembre 1977, date de leur toute première rencontre, dans la basilique Saint-Grégoire, à côté du Colisée. « Elle n'était pas encore très connue en France », se souvient le père Daleau.

Il avoue d'ailleurs, l'oeil malicieux, qu'il «ignorait totalement son existence».  Quelques mois auparavant, il était encore professeur de lettres classiques au collège privé Notre-Dame, à Ussel, en Corrèze, accaparé par sa mission. C'est une jeune élève qui va le mettre, par hasard, sur le chemin de celle qui deviendra l'icône des pauvres. «Elle s'interrogeait sur ce qu'elle allait faire. Elle pensait devenir religieuse, se mettre au service des pauvres, comme Mère Teresa.»

Le père Daleau se documente sur cette religieuse qui est au chevet des mourants à Calcutta, en Inde. Il tombe sur deux livres (Amour sans frontière et Tu m'apportes l'amour), signés du père Gorrée, un curé lyonnais qui dirige une association de soutien à l'oeuvre de Mère Teresa.Le jeune prêtre vendéen, né à Triaize en 1935, découvre alors «une ligne spirituelle différente», qui l'interpelle, lui qui s'interroge sur le sens à donner à son engagement.

«La force dans la simplicité»

Il s'insère dans la vie de l'association, tout en continuant sa mission professorale à Ussel. Mais il rêve secrètement de partir en Inde, pour voir à l'oeuvre cette petite soeur des pauvres, qui commence à devenir une « star » dans les pays anglo-saxons.

Signe de la providence ou non, le père Gorrée, «l'âme de l'association lyonnaise», décède subitement en 1977. L'archevêque de Lyon propose alors au père Daleau de prendre le relais. Le fils d'agriculteur de Triaize, qui est né et a grandi dans ce village du Sud-Vendée, avant de partir au petit Séminaire de Saint-Laurent-sur-Sèvre à 12 ans, n'hésite pas longtemps.

Quelques semaines après, il est dans un avion avec la secrétaire de l'association lyonnaise, en direction de Rome. Il a rendez-vous avec son destin, et avec une future sainte. « Elle était déjà ridée, se souvient le père Daleau. Le plus étonnant chez elle, c'est cette force qu'elle dégageait, dans la simplicité. » « Ça ne s'explique pas de manière rationnelle. »

Deux ans plus tard, il est avec elle, à Oslo (Norvège), pour la remise du prix Nobel de la Paix. À la tribune, ce petit bout de femme va marquer les esprits et l'assistance, faite de têtes couronnées, de ministres et autres diplomates.

Dix-huit minutes de discours, « sans lire ses notes », « plus trois minutes d'applaudissements ». La salle est conquise. « C'était grandiose de silence et d'intériorité », dit-il, toujours sous le charme de « cette grande dame au service des pauvres ».

La messe avec elle à Noël 1983

Mère Teresa, le père Daleau la reverra à Calcutta. Deux fois, «dont une à Noël 1983». Un moment qu'il ne peut pas oublier. Mère Teresa lui a demandé de dire la messe, dans un mouroir de Calcutta, où elle vit son « idéal », au milieu des délaissés et des mourants. « Il fallait la voir passer d'un lit à l'autre, prendre la main d'un mourant, en caresser un autre, adresser un sourire à un autre, raconte-t-il. À travers ces gestes, c'est l'amour de Dieu qui passait. »

À 81 ans aujourd'hui, l'aumônier de l'hôpital de Luçon retournerait volontiers à Calcutta, sur les traces de celle qui a changé sa vie. Mais il veut rester fidèle à Mère Teresa, à son message d'humilité. « Je ne suis pas sûr qu'elle apprécierait. Je pense qu'elle me dirait de rester, de mettre mes moyens au service des plus pauvres. De ne pas perdre mon temps. »

Le père Daleau a encore cette phrase en tête, que Mère Teresa aimait tant répéter : « Je suis le petit crayon dans la main de Dieu. Priez pour que ce petit crayon n'écrive pas trop mal l'oeuvre de Dieu. » « Quand je repense à ça, dit-il, impressionné par la force de sa foi et de son humilité, je me dis que nous sommes des nains face à des géants pareils. »

Une géante qui avait bâti son jardin au « pays » des nécessiteux. « Elle avait la tête au ciel, résume joliment le père Daleau, mais pas dans les nuages. »

Ouest-France

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