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Méditation du 15 avril 2018
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Méditation du 15 avril 2018

(Luc 24, 35-48)

            Jean l’évangéliste raconte la même scène (20, 19-28) : Jésus apparaît aux apôtres le soir de Pâques. On observe deux traditions très différentes : les discours et les gestes de Jésus et des apôtres ne sont pas sur le même registre. L’accent n’est pas mis sur les mêmes points. Que veut nous dire Saint Luc ? Jésus se fait reconnaître, et, dans un deuxième temps, il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Ecritures. Il tire Lui-même la conclusion, qui s’impose aussi à nous : « À vous d’en être les témoins. »

            Jésus, Ressuscité, n’est pas revenu à la même vie qu’auparavant, et Il en donne au moins l’indice en ne se faisant pas reconnaître au premier abord par ceux qui Le connaissaient bien. Ce n’est pas pour nous dérouter, mais, comme il le dit lui-même à Marie- Madeleine, Il appartient désormais à un autre monde, Il va remonter d’où Il est venu, de chez son Père. On ne peut donc plus Le connaître à la manière humaine, ni par un toucher quelconque ni même par un effort de raisonnement. Mettre la main sur Dieu, ce serait prétendre Le connaître, alors qu’Il restera un mystère pour tout homme à jamais. Jésus s’est fait reconnaître comme pour signifier qu’Il nous conduit vers le Père. « Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. » (Rm 6, 9)

            Mais pour bien montrer qu’Il est le même, tout en étant  différent, Jésus se fait toucher et demande  à manger. On comprend que les apôtres soient « saisis d’étonnement » : alors Il les conduit en leur expliquant les Ecritures. « Si nous avons connu le Christ à la manière humaine, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. » (2 Co 5, 16) : voilà le raisonnement de Saint Paul, qui doit devenir le nôtre. Que fait Jésus, après avoir montré aux siens qu’Il reste le Verbe incarné ? « Il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Ecritures ». Ils les connaissaient, mais les avaient lues « au premier degré », comme nous disons maintenant. Ils découvrent qu’ils ont encore à parcourir une étape dans la foi, que leurs ressources humaines ne suffisent pas, qu’il faut aborder « le mystère de Jésus » selon le plan de Dieu, à la lumière de l’Esprit Saint dont Jésus leur avait dit : « Il vous conduira dans la vérité tout entière. » (Jean 16, 13).Tout cela, ils l’avaient entendu, plus ou moins distraitement, peut-être comme nous…

            Là, c’était l’heure de vérité : les paroles de Jésus devenaient « esprit et vie » (Jean 6, 63). Plus encore, Il les établissait responsables de la porter auprès de ceux vers qui Il les envoyait : « A vous d’en être les témoins » ! A leur suite, Jésus envoyait tous ceux qui croiraient en Lui, « aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera » (Ac 2, 39), travailler à la moisson, comme Matthias, « témoins de sa  Résurrection ». Et ils découvriraient qu’ils ont besoin d’être unis à Lui comme les sarments à la Vigne, et «enracinés dans l'amour, établis dans l'amour. » (Ep 3, 19), en un mot zélés et prêts à sacrifier leur vie pour attester la vérité de ce qu’ils annoncent.

             Ainsi la mort et la Résurrection de Jésus entraient dans leur vie pour la transformer du dedans. Ils n’avaient plus à s’arrêter ni aux apparences de Jésus ni à choisir dans ce qu’Il leur avait dit, mais à Le revêtir comme dira Paul bientôt (Ga 3, 27), à se laisser guider par Lui, « Vérité tout entière » (Jean 16, 13). Ils ne devront pas s’inquiéter de ce qu’ils diront devant les tribunaux du monde : « Dites ce qui vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit Saint. » (Marc 13, 9). Pour témoigner de Lui, Jésus ouvrait ainsi l’ère des martyrs. Ce qui Lui était arrivé à Lui, ses disciples le reproduiraient dans leur vie.

            Ainsi Saint Luc inscrivait le mystère pascal dans la vie des chrétiens de son temps, ceux de l’époque de Paul, son maître direct et compagnon de voyage. Ainsi l’Ancien Testament trouvait en Jésus son accomplissement total. L’Eglise naissante découvrait, émerveillée, qu’elle était « l’Israël de Dieu », (Ga 6, 16), la Cité de Dieu, autant qu’elle peut l’être sur la terre, en marche vers son Seigneur. Le mystère pascal, notre Passage en Dieu, est-il « à l’œuvre en nous les croyants » ? (selon 1Th 2, 13).

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