Logo Paroisse Notre Dame de la Plaine - Luçon

Méditation du 12 septembre 2018
Bible meditations © viechretienne.fr

Méditation du 12 septembre 2018

(Luc 6, 20-26)

            On le voit : les « Béatitudes » ne sont pas, du moins pour la forme, exposées de la même manière que sous la plume de Matthieu. Luc joint aux Béatitudes proprement dites une série de « malédictions » ou de « menaces » pour ceux qui connaissent le bonheur maintenant. Il annonce un renversement de situation pour l’avenir ; et sans doute pense-t-il à la vie « de l’au-delà ».

            Luc donne à ses béatitudes  un aspect « social » : vous qui avez maintenant toutes détresses, vous allez être comblés ; mais vous qui avez tout sur terre, demain vous serez malheureux ! L’exemple typique est fourni par tous les justes, et notamment les prophètes : ils ont été persécutés quand ils ont annoncé la Parole de Dieu, maintenant ils sont récompensés dans le ciel. Luc fait certainement allusion à l’aspect prophétique des premiers chrétiens persécutés. Les rôles seront inversés. Notons aussi que Luc parle des « vrais » prophètes dans les « béatitudes ». Les faux prophètes ont été accueillis, bien traités ; mais ils seront « malheureux ». On peut trouver que cette inversion « systématique » ne fait pas place à la miséricorde envers les repentis.

            Le langage de Luc est beaucoup plus « réaliste » que celui de Matthieu. Mais jusqu’à quel point peut-on comparer le tableau des « Béatitudes » chez les deux évangélistes ? Ils n’ont pas voulu se situer de la même manière devant ces paroles de Jésus. Et le lecteur peut remarquer facilement qu’aux quatre « heureux » s’opposent quatre « malheurs ». Là où Matthieu montrait uniquement « l’idéal », Luc devient prédicateur de « morale ».

            Saint Grégoire de Nysse montrait en Jésus le « riche » qui s’est fait « pauvre » :

            « Comme presque tous les hommes sont naturellement portés à l'orgueil, le Seigneur commence les Béatitudes en écartant le mal originel de la suffisance et en conseillant d'imiter le vrai Pauvre volontaire qui est vraiment bienheureux — de manière à lui ressembler par une pauvreté volontaire, selon notre pouvoir, pour avoir part à sa béatitude, à son bonheur. « Ayez en vous les sentiments qui ont été ceux du Christ Jésus. Quoique de condition divine, il ne s'est pas prévalu de son égalité avec Dieu, mais il s'est anéanti lui-même et a pris la condition d'esclave » (Ph 2,5-7). »

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.