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Concert du dimanche 4 août, Michel Jezo
Michel JEZO © R. Roiland

Concert du dimanche 4 août, Michel Jezo

Plus de deux cent auditeurs ont apprécié le récital d’orgue de Michel JEZO, titulaire de la Cathédrale de Vannes.

Son programme était consacré aux romantiques allemands que l’on n’a pas si souvent l’occasion d’apprécier avec la 2° et la 4° sonate de Mendelssohn, sur les six publiées en 1845 ; le prélude et fugue de Johannes Brahms et quatre esquisses de Robert Schumann complétaient le concert, avec en prime une consolation de Franz Liszt, originellement écrite pour le piano mais qui s’interprète avec beaucoup de charme sur un grand orgue conçu pour les œuvres romantiques. 

R. Roiland


« Quelques musiciens allemands inspirés par le romantisme », telle est l’invitation au voyage du jour proposé par Michel Jézo, organiste de Saint Pierre de Vannes et de la Basilique de Saint Anne d’Auray.

Nulle autre part qu’en Allemagne, le romantisme n’a été vécu avec autant de force, de ferveur dans tous les aspects de la création et de la pensée  humaine. Sous l’ère romantique, l’art musical allemand a explosé ! Une fois de plus, pourrions-nous dire, après la grande ère classique, mais sans rompre formellement avec elle. Le grand Bach étant resté la main courante de tout l’art musical allemand.

Félix Mendelssohn dans sa deuxième sonate pour orgue, op 65/2, ouvre notre soirée. Les registrations souvent chargées de mixtures rappellent l’époque de Bach si chère à Mendelssohn, qui connut et joua les orgues Silbermann de Saxe.  Michel Jézo aborde ces œuvres avec des tempi allants et des moments plus intériorisés, qui font merveille sur le vieux Cavaillé-Coll. Cette sonate, comme les six autres de l’opus 65, eurent pour modèle primitif  la forme des voluntary(*) anglais, magnifiés par Samuel Wesley. Mendelssohn, familier de l’Angleterre les dédia à son collègue Thomas Attwood,  lui-même élève de Mozart et organiste à Saint Paul à Londres.

Suit, Johannes Brahms, Prélude et Fugue en la mineur, WoO 9. Ce musicien considéré comme le successeur de Beethoven, extrêmement exigeant avec lui-même - il a beaucoup détruit de ses œuvres et certaines, selon sa volonté, ne seront pas publiées - a peu écrit pour l’orgue. C’était pourtant un maître du Contrepoint et ici dans ce prélude et fugue, on se croirait avec J. S. Bach.

Ensuite, c’est Frantz Listz, le plus romantique des compositeurs allemands, avec Consolation n°4, S 172. Ces Consolations inspirées du grand poète romantique Lamartine sont ici retranscrites pour orgue. Elles ont fait l’objet d’une interprétation mémorable au piano d’Horowitz. 

La consolation n°4, en ré bémol majeur, porte initialement le label « Quasi adagio ». Composée en 1849, elle est également connue sous le nom de Stern-Consolation ("Consolation d'étoile") en raison de l'étoile blanche à six branches apparaissant sur la partition imprimée :

Cette  Consolation a été inspirée par un " Lied" écrit par Maria Pavlovna , grande duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach. L’ambiance de la composition a été décrite comme "religieuse"  et "semblable à la prière". 

Par la suite, Liszt a repris le thème de Consolation dans la section Andante sostenuto / quasi adagio de sa sonate pour piano en si mineur.

Avec Robert Schumann, c’est le dernier des romantiques allemands après ceux de la génération 1810, mais un des plus passionnés, dans les Quatre Esquisses, Op 58 : Do mineur, Do majeur, Fa mineur et Ré bémol majeur. Robert Schumann a peu écrit pour l’orgue, mais à l’époque tout musicien se devait d’avoir cet instrument à son art.

Le concert s’achève en boucle par un retour à Félix Mendelsshon, dans sa 4 ème sonate, Op 65/4 : Andante religioso,  Alegretto, Allegro maestroso e vivace. Contrairement à Robert Schumann, Mendelsshon a beaucoup écrit pour l’orgue, certainement pour sa sujétion esthétique et son admiration pour Bach.

Michel Jézo en gratitude à nos applaudissements se livre à une improvisation magistrale pour clore ce voyage outre-Rhin.

Remerciements aux compétences et à la disponibilité  d’Yves Rousseau pour son assistance à la registration.

A dimanche, pour le concert dédié à l’orgue de Notre Dame de Paris.

Denis Charpentreau   

(*)Forme musicale anglaise pour orgue alternant jeux doux et jeux forts.

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